Formation – La ministre augmente le numerus clausus

Formation – La ministre augmente le numerus clausus

Les députés discutaient ce matin une proposition de loi visant à réduire la liberté d’installation pour les jeunes médecins. Le texte a été rejeté massivement, et la ministre a annoncé au cours des débats une augmentation du numerus clausus de 478 places.

Ce matin, l’ordre du jour de l’Assemblée nationale avait de quoi inquiéter les défenseurs de la liberté d’installation : les députés devaient discuter une proposition de loi du centriste Philippe Vigier visant à obliger les jeunes médecins à exercer trois ans dans une zone sous-dotée en début de carrière. Mais les parlementaires ont voté contre ce texte, estimant que la contrainte n’était pas l’arme la plus adaptée contre les déserts médicaux. En prime, la ministre de la Santé a annoncé à l’occasion du débat une augmentation substantielle du numerus clausus.

A la tribune, Marisol Touraine a dénoncé « l’inefficacité » des « mesures coercitives » proposées par Philippe Vigier, indique l’AFP. S’en est suivi un scrutin sans appel : à 42 voix contre 14, les députés refusé le dispositif contraignant tant décrié par la profession. La liberté d’installation est sauve !

Un bol d’air pour les Paces

Mais ce n’est pas tout. Car aux mesures coercitives, la ministre a dit préférer la « politique forte, volontariste et innovante » menée depuis 2012, et dont le maître-mot est l'incitation. Et pour mieux appuyer son propos, elle a annoncé que le numerus clausus serait gonflé « de 478 places dans 22 facultés, soit une augmentation de 11 % ».

Que les étudiants qui triment actuellement en Paces calment tout de suite leur joie : leurs chances d’accéder à la P2 ne viennent pas subitement de grimper de 11 %. 478 places par rapport à un numerus clausus 2016 de 7646, cela fait en réalité 6 % d’augmentation. Le pourcentage cité par la ministre est ciblé sur les 22 facs qu’elle a mentionnées, dont la liste n’a pas encore été communiquée.

L’Anemf cache sa joie

Du côté de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), l’accueil de l’annonce ministérielle est au mieux tiède. « Le desserrement du numerus clausus figurait parmi les recommandations de la grande conférence de santé, et il fait partie des réponses à apporter », concède Antoine Oudin, président de l’association.

Mais le principal représentant des carabins a d’autres préoccupations. « La position de l’Anemf est claire : toute augmentation du numerus clausus doit tenir compte des capacités de formation », déclare Antoine Oudin. « Il est hors de question de former plus de médecins si c’est au détriment de la qualité de l’enseignement. »

En clair, l’Anemf demande à voir. « On sera vigilants », promet Antoine Oudin.

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